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L'Atlas duPetit Chien Russe

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Repère documentaire · Santé

Examens oculaires et génétiques du chien

Ce que dépistent les examens oculaires et génétiques chez le chien, à quel âge les réaliser et comment lire un certificat remis par un éleveur.

Révisé le · Le collectif documentaire

Un examen ophtalmologique dépiste les lésions visibles de l'œil et de ses annexes : anomalies de la cornée, de l'iris, du cristallin, ainsi que les atteintes de la rétine et de la choroïde. Un test génétique, lui, recherche une mutation précise associée à une maladie héréditaire, sans dire si le chien est atteint au moment du prélèvement. Les deux examens se font à des âges différents et ne se remplacent pas.

Que dépiste un examen ophtalmologique chez le chien ?

L'examen commence par un test de la vision et de la production lacrymale, puis se poursuit à l'ophtalmoscope. Le vétérinaire examine successivement les paupières, la conjonctive, la cornée, la chambre antérieure, l'iris, le cristallin, le vitré, la rétine et le nerf optique. Selon les cas, il complète par une tonométrie, une coloration à la fluorescéine ou une échographie oculaire.

Ce que l'examen recherche dépend de la race et de l'âge. Chez les races de berger, une lésion fréquente est l'hypoplasie choroïdienne : la choroïde, couche vasculaire située sous la rétine, est trop fine par endroits, ce qui donne au fond d'œil un aspect moucheté. Cette lésion est gradée, de légère à sévère, car son pronostic varie. D'autres anomalies sont recherchées : colobome (absence congénitale d'un fragment de tissu oculaire), décollement de la rétine, cataracte héréditaire, atrophie progressive de la rétine.

Sur certaines maladies héréditaires, l'ophtalmoscope seul ne suffit pas à trancher. La tomographie en cohérence optique, qui produit des coupes de la rétine, permet de mesurer l'épaisseur des couches rétiniennes et de documenter des atteintes débutantes. Ces techniques sont décrites en détail, avec la gradation des lésions et la lecture des certificats, sur le site de ressources vétérinaires consacré à l'anomalie de l'œil du colley, l'anomalie oculaire du colley, qui traite du diagnostic ophtalmologique chez les races de berger.

Un point pratique : chez le chiot, certaines lésions rétiniennes peuvent sembler s'atténuer avec la croissance, parce que le pigment se développe autour des zones touchées. Ce phénomène, appelé normalisation apparente, ne signifie pas que la lésion a disparu. Il explique pourquoi un examen trop précoce peut sous-estimer une atteinte, et pourquoi les certificats mentionnent l'âge de l'examen.

À quel âge faire les tests oculaires et génétiques ?

Les deux examens ne suivent pas le même calendrier.

Pour l'examen ophtalmologique, la plupart des programmes de dépistage exigent un premier examen entre 6 et 12 mois, puis des examens répétés à intervalles réguliers, souvent annuels, tant que le chien est utilisé pour la reproduction. L'âge minimal tient compte du fait que certaines lésions ne sont pas encore visibles chez le très jeune chiot, et que d'autres n'apparaissent qu'à l'âge adulte. Un examen fait trop tôt peut donc donner un résultat faussement rassurant.

Pour le test génétique, le prélèvement peut être réalisé très tôt, dès les premières semaines, à partir d'un frottis buccal ou d'une prise de sang. Le laboratoire analyse l'ADN et rend un génotype : indemne (les deux copies du gène sont normales), porteur (une copie porte la mutation, l'autre est normale) ou affecté (les deux copies portent la mutation). Le test ne dépend pas de l'âge, mais il ne concerne qu'une mutation donnée. Un chien indemne pour une maladie peut être porteur d'une autre.

Pour les races de berger, la mutation la plus documentée est située sur le gène NHEJ1, sur le chromosome 37. Elle est associée à l'anomalie de l'œil du colley. Les laboratoires qui la testent, les gènes modificateurs qui influencent l'expression de la maladie et les stratégies de sélection sont recensés par race et par pays sur le site de référence déjà cité. Les exigences des clubs de race varient : certains demandent un test génétique, d'autres un examen ophtalmologique annuel, d'autres les deux.

Comment lire le certificat remis par un éleveur ?

Un certificat d'examen ophtalmologique comporte plusieurs rubriques qu'il faut lire séparément.

L'identification du chien : nom, numéro de tatouage ou de puce, date de naissance, race, sexe. Vérifiez que ces données correspondent bien à l'animal que vous voyez.

La date de l'examen et l'identité de l'examinateur : un certificat sans date ni nom de vétérinaire n'a pas de valeur. L'examen doit avoir été réalisé par un vétérinaire habilité pour ce type de dépistage.

Le résultat, lésion par lésion : le certificat ne dit pas seulement « bon » ou « mauvais ». Il liste ce qui a été observé, avec une gradation pour chaque lésion. Une mention « hypoplasie choroïdienne légère » n'a pas la même portée qu'une mention « décollement de rétine ». Lisez la ligne qui concerne chaque œil séparément : les deux yeux peuvent donner des résultats différents.

La conclusion : selon les pays, elle prend la forme d'une mention « indemne », « atteint » ou « non examinable ». Un chien « non examinable » n'est pas un chien indemne : cela signifie que l'examen n'a pas permis de conclure, par exemple parce que la pupille ne s'est pas assez dilatée.

Pour un certificat génétique, la lecture est plus simple mais demande de la précision. Le document indique le gène testé, la mutation recherchée, la méthode, le laboratoire et le résultat : indemne, porteur ou affecté. Vérifiez que le gène mentionné correspond bien à la maladie qui vous intéresse. Un certificat pour une mutation donnée ne dit rien des autres maladies héréditaires de la race.

Dans les deux cas, demandez la copie du certificat original, pas une simple mention dans un message. Un éleveur qui remet un document daté, signé et lisible fait preuve de transparence. Un éleveur qui refuse de le montrer ou qui ne fournit qu'une capture d'écran partielle laisse un doute.

Ce que les tests ne disent pas

Un examen ophtalmologique normal à un instant donné ne garantit pas que l'œil restera normal. Certaines maladies héréditaires se déclarent plus tard. Un test génétique indemne ne garantit pas non plus l'absence de toute maladie oculaire : il ne couvre qu'une mutation identifiée.

Les deux examens sont donc complémentaires. L'examen ophtalmologique décrit l'état de l'œil au moment du contrôle. Le test génétique renseigne sur le patrimoine héréditaire transmis à la descendance. Pour un chien de race de berger, les deux documents ont leur place dans le dossier remis à l'acheteur.

En résumé

Un examen ophtalmologique dépiste des lésions visibles, gradées, sur un œil donné. Un test génétique identifie une mutation précise, sans dire si le chien est malade. Le premier se fait plutôt entre 6 et 12 mois puis de façon répétée, le second peut se faire très tôt. Un certificat se lit en vérifiant l'identité du chien, la date, l'examinateur, le détail des lésions et la conclusion. Demandez toujours l'original, et rappelez-vous qu'aucun des deux examens ne remplace l'autre.

Un certificat génétique peut aussi signaler une particularité sans rapport avec la vision, comme la sensibilité médicamenteuse. Celle-ci concerne les chiens porteurs d'une variante du gène MDR1, qui code pour une protéine chargée d'évacuer certaines molécules hors du cerveau. Chez ces animaux, une dose ordinaire de médicament courant peut devenir toxique. La page détaille le mécanisme, le dépistage par test génétique et les précautions à prendre avant tout traitement. Un résultat inscrit sur un certificat se lit donc avec attention, et se transmet au vétérinaire.

Source consultée : woah.org, merckvetmanual.com.

Petit chien russe, planche documentaire de l'atlas
PlancheSur une table d'examen vétérinaire en inox, un ophtalmoscope binoculaire posé près d'un flacon de collyre, éclairé par une lampe d'examen latérale, cadrage serré sur les instruments.